Pour Noël, j’ai reçu ce livre en cadeau de ma grande sœur (gratitude !). Il va rejoindre la liste des livres qui compteront pour moi pour plusieurs raisons : ce livre arrive à un moment de ma vie où la joie s’installe, comme un retour aux sources, comme l’enfant que j’étais, avant les censures, avant les blessures. Ce livre arrive à un moment où la noirceur de l’actualité pourrait nous laisser penser qu’il s’agit d’une fatalité et que nous n’y pouvons rien. Et bien ce livre nous prouve le contraire : qu’en agissant chacun à son niveau, nous pouvons incontestablement contribuer à un monde meilleur. J’ai aussi aimé les propositions concrètes que l’auteur fait pour accéder tout de suite à plus de joie dans notre quotidien, et comment accéder de manière durable à ce qu’il appelle « la joie de vivre ». Enfin, j’ai redécouvert avec plaisir des citations de philosophes ou des références religieuses qui m’ont renvoyé notamment à mes cours passionnants de philosophie en terminale. Bref, du plaisir pour le cœur et pour la tête.

Je vous en propose un résumé de ce que j’en ai retenu :

Après avoir fait une distinction entre le plaisir, le bonheur et la joie, l’auteur approfondit l’émotion « Joie » et nous promène à travers les religions, les textes des philosophes occidentaux et orientaux, de l’antiquité à nos jours : Spinoza, Nietzsche, Bergson, Lao-tseu, Christophe André et d’autres. Avec beaucoup de simplicité. Tous semblent s’accorder à dire que la joie est une émotion « intense en réaction à un événement et de durée limitée ».

L’auteur nous propose ainsi d’explorer différents états pour accéder à plus de joie dans notre quotidien :

  • L’attention qui nous permet d’avoir accès à nos sens et notre corps.
  • La qualité de notre présence qui « consiste à accueillir avec générosité, le réel, le monde, autrui (…) ».
  • La méditation qui nous permet d’entretenir l’attention et la présence.
  • La confiance et l’ouverture du cœur pour « prendre le risque de vivre pleinement ». « Accepter la douleur, c’est le prix à payer pour une vie émotionnelle riche ».
  • La bienveillance pour se détourner de l’envie et de l’euphorie et entretenir un « amour altruiste qui consiste à se réjouir du bonheur de l’autre ».
  • La gratuité pour accéder à des « moments très chaleureux de joie partagée ».
  • La gratitude, dire merci à la vie chaque jour, permet de se mettre en joie instantanément [il est tout à fait fondé scientifiquement que la gratitude stimule la production de dopamine et de sérotonine, hormones du bonheur].
  • La persévérance dans l’effort provoquent de grandes joies créatives selon Bergson.
  • Le consentement et le lâcher-prise nous invitent à une prise de distance, à une forme de détachement pour accepter la vie, accepter le mouvement, accepter l’incertitude, sans résister lorsqu’il s’agit d’événements sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, « sans perdre de vue nos objectifs (…) ».
  • La jouissance du corps ou l’importance des perceptions sensorielles comme une porte d’accès à la joie.

Pour accéder à une joie plus profonde et durable, l’auteur suggère ensuite un premier chemin : devenir soi, un soi libre de nos croyances ou histoires familiales, de l’inconscient collectif, qui passe par un processus d’individuation (Carl Young), généralement entre nos 35 et 50 ans, à l’aide de l’introspection. « L’introspection parfois soutenue par un travail thérapeutique permet donc de découvrir qui nous sommes vraiment en nous délivrant du regard des autres, à commencer par le plus déterminant : celui de nos parents, et de tout ce qui nous empêche de grandir, de nous épanouir ». L’auteur partage ici la manière dont lui-même a procédé pour y parvenir.

Le second chemin, que Frédéric Lenoir propose, est un chemin vers l’autre. Il explore l’amitié, l’amour, la joie du don, l’amour pour la nature et les animaux. En étant de plus en plus nous-mêmes, nous entretenons des relations plus justes avec les autres et notre environnement. Nous replaçons l’ego et le mental à leur juste place sans vouloir les éliminer.

Ce double chemin permet de libérer la joie de vivre spontanée de l’enfant qu’il nomme la « joie parfaite », celle qui contribue à rendre notre monde meilleur, à notre échelle.

Petit détail esthétique : la couverture du livre est également joyeuse : bleue turquoise sur fonds jaune, couleurs des chakras de la gorge (expression de qui l’on est) et du plexus solaire (expression des émotions). Bien vu.