Ah le lâcher prise ! Une drôle de notion. Tout le monde en parle. Qui sait vraiment de quoi il s’agit ? J’avais envie de partager avec vous ma propre expérience du lâcher prise depuis quelques années et vous aider à l’expérimenter pour que votre vie soit plus légère.

Lors de ma carrière professionnelle, je me suis entendue dire par un de mes supérieurs de “lâcher prise”, d’être “moins rigide”. Pour être franche, je n’avais pas la moindre idée de comment faire et je dois admettre que je ne comprenais pas toujours quel était le problème.

Déjà la notion de “lâcher” pour la contrôlante que j’étais, pour l’insécurisée que j’étais, recouvrait un certain danger : lâcher pour aller vers quoi ? Lâcher suppose de se détacher de quelque chose : de quoi ? Cette notion a également pour moi un côté impérieux qui m’incitait davantage à la résistance qu’à l’abandon. Bref l’expression en elle-même était anxiogène et extrêmement mentale et mon mental n’y comprenait rien.

Il m’aura fallu du temps pour appréhender cette notion mystérieuse, au gré des épreuves qui se sont présentées, au gré d’un mal être naissant, sur lesquels je n’avais aucune prise. Je vous livre ici quelques pistes de réflexion basées sur mon expérience :

  • Avoir la conscience qu’on ne contrôle rien… accepter notre vulnérabilité

J’ai longtemps pensé que je maîtrisais ma vie, que j’étais le seul maître à bord et lorsque la vie venait me gifler, je reprenais instantanément le contrôle en affrontant l’adversité, en fuyant ou en enfouissant mes émotions. Lorsque je désirais profondément quelque chose, je me donnais les moyens d’y parvenir mais souvent dans la force en préservant ce besoin de contrôle. Lorsque mon corps en a eu assez de cette forteresse et de tous ces combats à mener, il a lâché. Ce fût mon premier signal que je devais changer quelque chose et que je n’avais pas toutes les clés, enfermée que j’étais dans mes protections imaginaires.

  • Créer un espace pour soi… sortir de cet excès d’action

Ça me parait être une première pierre essentielle. Un espace temporel et physique pour soi, rien que pour soi, sans sollicitation, sans bruit, sans risque de s’éparpiller.

Il y a des moyens très accessibles d’accéder à cet espace pour soi : aller marcher, seul, dans la forêt, dans un parc. S’adonner à une activité artistique ou sportive qui laisse libre cours à ce qui se passe pour nous : peinture, dessin, chant, course à pied… Ou encore s’asseoir chez soi ou sur un banc sans rien faire.

La méditation est un également un outil que je recommande vivement et qui est largement plébiscité par beaucoup de philosophes, thérapeutes ou autres en ce moment en France et dans le monde : je pense à Christophe André, Frédéric Lenoir, Arnaud Riou, Eckart Tollé, Thierry Janssen, etc. Les livres, les formations, les sites fleurissent. Ce n’est pas pour rien ! Elle est apaisante et oriente notre attention vers soi.

Laissez venir à vous le silence, prenez conscience de ce qui se passe pour vous et en vous : le mental est-il largement présent avec ses questions, ses jugements, ses drames ? que provoque-t-il en vous ? Comment vous sentez-vous : apaisé, calme ou au contraire agité, triste, angoissé ? Mettez des mots sur vos ressentis.

Pour beaucoup de personnes, c’est difficile de se poser, de ne rien faire, de prendre du temps pour soi. Nous sommes gouvernés par des tas d’injonctions des autres ou de soi, de croyances. Combien de fois l’ai-je entendu : je n’ai pas le temps ; c’est égoïste ; j’ai des choses plus urgentes à faire ; je ne vois pas l’intérêt… Demandez-vous plutôt ce qui vous empêche de vous consacrer du temps : les habitudes ? La peur du jugement ? L’éducation ? Demandez-vous quels sont ces freins que vous avez intégrés comme des vérités qui dirigent votre vie. Devenez conscients de vos mécanismes intérieurs.

  • Accueillir ce qui se passe pour nous et le nommer… arrêter de refouler nos émotions

Lorsque mon père décède en 2012, beaucoup de choses chavirent à l’intérieur de moi. Je ne maîtrise plus rien. Mon armure est fendillée. Je me presse chez une psychanalyste pour me faire aider. C’était mon espace à moi. Je vais y déposer pendant 2 ans tout ce qui se passe à l’intérieur de moi. Je n’y serai pas parvenue seule. Pour la première fois, vraiment, j’accepte de me livrer pleinement, de faire confiance à un spécialiste. La démarche est essentielle. Mais elle ne suffira pas. Trop mentale, me dirai-je plus tard.

Début 2014, je décide de prendre un congé sabbatique car je me sens de plus en plus en inadéquation avec la situation au travail. En juillet 2014 avec mon mari et mes enfants, nous partons à l’autre bout du monde en Indonésie, pour prendre du recul. A peine arrivée, je m’inscris dans une retraite de méditation silencieuse d’une semaine, poussée par l’instinct, l’envie, le besoin d’introspection. Je vais y découvrir ce que j’ai de plus animal et de plus précieux : mon corps.

J’ai appris à me concentrer, à scanner mon corps de la tête aux pieds, petit bout par petit bout, à écouter mes sensations, mes ressentis, qui sont autant de messages à décrypter. J’ai appris à les accueillir, à les accepter et à plonger dans mon histoire d’une toute autre manière. Enfin, j’ai appris à me soigner (heal en anglais) en m’envoyant de l’amour.

Il existe d’autres moyens pour exercer cette faculté d’accueillir ce qui se passe en vous :

  • en ne jugeant pas ce que vous vivez, mais juste en constatant factuellement ce qui se passe pour vous,
  • en laissant venir à vous ce qui se présente : une larme qui monte pendant un film ? Laissez faire. Une sensation très agréable dans le ventre quand vous entendez une musique ? Laissez faire. Une colère qui pointe son nez ? Remarquez la. Une image ou un son apparaît ? Ne les refoulez pas. Ils n’apparaissent pas pour rien.

Une fois que vous accueillez ce qui est, sans drame, sans jugement, vous permettez à votre corps et à votre âme de s’exprimer de manière de plus en plus subtile.

  • Vivre dans le moment présent… moins de blabla

Le livre d’Eckart Tollé “Le Pouvoir du moment présent” a été essentiel dans ma prise de conscience, de recul. “Rien n’existe à part l’instant présent : avez-vous jamais eu une expérience, fait, pensé ou senti quelque chose qui ne se situe pas dans le moment présent ? Rien ne s’est jamais produit dans le passé : cela s’est produit dans le présent. Rien ne se produira jamais dans le futur : cela se produit dans le présent …/… de toute évidence, le passé et le futur ne constituent pas des réalités en soi.”

Vivre dans l’instant présent, c’est concentrer son attention sur ce que l’on est en train de faire de manière consciente. Que l’on soit en train d’éplucher des carottes, de prendre une douche ou de prendre un verre, c’est profiter pleinement de l’instant sans se soucier du passé ni du futur, c’est être présent à soi et aux autres. Prendre sa douche ou se brosser les dents qui est un acte à priori anodin, routinier, utilitaire, peut devenir un acte de plaisir : plaisir de sentir l’eau chaude sur sa peau, plaisir d’entendre le bruit régulier de l’eau couler, plaisir de profiter d’un instant seul sans être dérangé par le téléphone, les enfants…

Vivre l’instant présent, c’est vivre en conscience, c’est densifier son quotidien, c’est s’ouvrir cet espace personnel à soi.

J’avoue qu’il ne suffit pas de décider de vivre dans le moment présent pour y parvenir. Totalement éduqué à faire autrement, il nous faut adopter de nouvelles habitudes, de nouveaux rituels. Ils nécessitent au début un effort. Mais comme tout effort, il ne devient plus un effort lorsque nous constatons que notre nouvelle habitude nous apporte quelque chose d’utile dans notre vie : plus de calme intérieur par exemple, moins de blabla mental, par exemple.

Une fois que vous avez basculé dans “cette conscience du temporel à la présence”, vous pouvez la pratiquer de plein de manières différentes. Choisissez votre manière à vous de maintenir cet état de présence comme et quand vous le souhaitez. Et approfondissez si vous vous sentez attiré : la méditation, le mindfulness, pratiquez l’ancrage pour bien vous enraciner,…

Osez changer de prisme ! La PNL nous apprend que la “carte n’est pas le territoire”. Votre représentation du monde n’est pas le monde. En osant faire différemment, vous créez potentiellement une nouvelle représentation du monde et de votre histoire.

  • Ecouter son intuition… faire une place au corps

Une fois que vous avez créé un espace pour vous, que vous êtes plus attentifs à ce qui se passe à l’intérieur de vous, que vous acceptez le fait de ne pas tout maîtriser, soyez attentifs à votre petite voix intérieure qui se manifeste par des sensations physiques : apprenez à faire confiance à vos sens la vue, l’ouïe, le ressenti, le goût, l’odorat. Votre corps est votre plus grand allié.

Notre culture ne nous a pas encouragés à l’écouter, à le laisser s’exprimer. Petit, quand on avait mal, on vous disait peut-être “mais non mais non ça va aller” ou encore “c’est quoi ces larmes de crocodile”. On vous niait un mode d’expression essentiel : celui des émotions à travers le rire, les larmes, les cris… Coupé de ces émotions, renforcé dans l’idée que la réflexion, le mental, la parole sont les outils les plus importants, nous sommes devenus des handicapés de l’écoute de soi. Pire : notre corps est devenu un ennemi qu’on combat ou qu’on ignore.

Ecouter son intuition, c’est entendre la manière dont notre corps, notre enfant intérieur, notre âme nous parlent. Nous sommes les seuls à savoir ce qui est bon pour nous. Les autres (parents, famille, enseignants, amis) n’ont qu’une représentation de ce qui est bon pour nous et nous infligent, souvent avec beaucoup de bienveillance et de bonnes intentions, cette représentation erronée. Et si nous osions explorer cette intuition ? Lorsque votre instinct vous suggère de faire ci ou ça, mais que votre mental vous en empêche parce que “ça ne se fait pas”, “ce serait la honte”, “qu’est ce qu’on va penser de moi ?”… Et si vous osiez, une première fois, défier votre mental et accorder plus d’importance à votre petite voix ?

  • Décidez ce que vous voulez pour vous… ne subissez plus !

Une fois que la conscience est là, que l’espace pour soi est là, que la volonté d’agir est là, que vous faites un petit plus de place à votre intuition, décidez ce que vous voulez pour vous. Si le mental est trop présent, décidez de ne pas lui accorder toute la place, faites des expériences, faites vous aider si besoin. Si vos émotions sont trop envahissantes, demandez vous comment vous pouvez les apaiser.

NE SUBISSEZ PLUS ! Décidez ce que vous voulez : par exemple, je veux être apaisé dans telle situation. Je veux me faire davantage confiance dans telle autre situation.

OSEZ faire différemment. Juste une fois. Et voyez ce que ça engendre, que se passe-t-il pour vous ? En quoi faire différemment était utile, intéressant, perturbant ? Explorez, jouez, redécouvrez votre âme d’enfant, sortez des sentiers battus, challengez vos vérités absolues et libérez vous des préjugés, des « quand-dira-t-on ». Prenez votre vie en main. N’oubliez pas que sur le chemin, vous n’êtes pas obligé de devoir tout gérer tout seul. Apprenez la confiance.

La PNL m’a appris qu’on ne peut pas changer les événements du passé, mais on peut décider de changer la perception de notre représentation du passé et surtout agir pour rendre notre futur heureux. “Il n’est jamais trop tard pour avoir un passé heureux” (auteur inconnu).

Lâcher prise, c’est oser être soi. Et c’est l’apprentissage le plus difficile et le plus passionnant qui soit pour parvenir à l’amour de soi. Bon chemin !

 

Remerciements

Je voudrais adresser toute ma gratitude aux spécialistes que l’univers a mis sur mon chemin pour m’aider sur mon chemin de conscience :

  • ma psychanalyste parisienne
  • mon maître de méditation, Merta Ada, Bali Usada Meditation
  • mon énergéticienne, Gwenola Soler
  • ma prof en PNL et développement intuitif, mentor et amie,  Mahé Gérôme
  • mon prof de PNL sur Bordeaux, Olivier Zenouda

Merci à mon mari, mes enfants, mes ami(e)s, ma famille qui me soutiennent dans mon évolution chacun à leur manière. Merci à mes clients qui me font confiance pour cheminer vers leur lumière intérieure. Merci à toutes ces personnes inspirantes connues ou moins connues qui partagent leurs enseignements à travers leur livre, conférence, stage, discussions…

Et je voudrais me remercier d’avoir osé et d’oser encore affronter mon ombre, parfois malgré moi, et de suivre tous les signes qui m’encouragent à avancer avec plus de sérénité vers qui je suis et ma mission de vie.